analyse

Photographer in the spotlight, an article published in Art, Artistes et Patrimoine magazine, issue N°29

French version here

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And what an honor! 3 pages of photos and text by Christian Tétard in this magazine, also announcing an exceptional exhibition for the 10th anniversary of the publication.

30 artists from the region, painters, sculptors, photographers and craftsmen will be present at Triel sur Seine on June 15th and 16th, 2019.

Art, Artistes et Patrimoine n29 p10
Laurent Grumbach in Art, Artistes et Patrimoine n29 p10
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Laurent Grumbach in Art, Artistes et Patrimoine n29 p11
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Laurent Grumbach in Art, Artistes et Patrimoine n29 p12

Photographer in the spotlight… Laurent Grumbach

After the baccalaureate, Laurent Grumbach’s path is naturally set out: a DUT in electrical engineering and a school in electronics and IT in Nantes with a degree in 1990. His first job: an audio equipment company for the broadcasting industry. He does not like routine and repetitive work, he prefers to learn various professions within the same company.

He is inquisitive and this curiosity is reflected in his photography. His first camera is a Rolleiflex SL35E that his father gives him when he was 17.

This is the beginning of a passion that will grow over the years. One of the first pictures taken with this camera is a television antenna in a beautiful blue sky with the moon in the background. This highly criticized photo remains anchored in his memory as an unconventional one. That’s what he’s looking for: unconventionality in photography.

Self-taught, he starts off with travel photography, having had the opportunity to visit many countries through his profession.

Going on from landscape photography he also takes city and ambience photographs, but very few portraits. He is not ready.

He then becomes passionate about motion photography. There are a number of photographic techniques to evoke movement on an image. He chose to develop a new technique, based on current technology: a mixture of blur, stroboscopic, modulated light. He names and registers the trade name as well as the process: Motion Sculpture®.

This type of image can be adapted to all types of movement. He starts with sports and dance. These two activities are the areas where motion photography makes perfect sense. Then he tests other movements, from throwing dice to racing snails (!), these are original photographs, just the way he likes them. The picture of the snail was taken for a photo contest depicting speed.

The word « photography » takes on its full meaning to him: drawing with light. This is the basic principle of Motion Sculpture. No tricks, a long exposure image, a drawing where the moving subject becomes the source of light. He defines himself as a painter of the invisible.

Laurent Grumbach is contacted by the Louvre Museum for an image in the MOOC (online training open to all) on movement, to illustrate the new photographic methods representing movement. The book edition Hachette inserted a Motion Sculpture photo in a physics textbook. In 2018 he exhibited Motion Sculpture photos in Germany, near Frankfurt where they were received with great enthusiasm. That same year his photos are selected to take part in the exhibition « Festiphoto » on the shores of Lake Annecy for 4 months. He also published pictures in a New York photo magazine. He has recently been contacted by the book edition Bordas to include a Motion Sculpture image in a school book.

In 2015, he heard an announcement on the radio that the United States and Cuba were to get closer. He therefore immediately decides to capture the essence of this country before the reconciliation. This is a turning point in his photography. His photos become more human, he takes less landscapes and more atmospheric photos and portraits. In 2018, he goes to North Vietnam. Before his departure, his intention is to follow the « photographer’s route »: rice fields and landscapes. Halong Bay had been on his bucket list for a long time. That was before the trip. Arriving in Hanoi, the journey begins to take another form. His encounter with this population, their traditions and their ways of life changed the purpose of his trip. He meets wonderful people, who smile despite their living conditions. On his return he publishes « one day, one smile » on social networks, sharing this positive attitude. Capturing the gaze becomes the most beautiful thing that photography can do.

« The camera is my adrenaline » he says.

« It eludes fatigue and boosts motivation « .

Laurent Grumbach is a photographer as I like them and as a photographer should be. I do not say that because he is creative and sensitive, but because he is « true » and « honest » in the sense of the testimony that is the essential virtue of the photographer. Concerning his images of movement, one can think that I’m delirious, but no. Quite the contrary, its highly technological level allows it to show us what we do not see. It shows the truth without tricks by analyzing movement with light.

Indeed, truth is also visible in a portrait. Mankind has a wealth that cannot leave a photographer insensitive. Laurent Grumbach has that gift, that of the great.

« My mind is full of projects » he says. We will be watching his progress attentively.

Christian Tétard

 » Art, Artistes et Patrimoine  » is a regional magazine honouring painters, sculptors, photographers and craftsmen as well as heritage. It appears three times a year and has done so for the last 10 years. We will be celebrating the 30th issue in June.


Photographe à l’honneur dans le magazine Art, Artistes et Patrimoine N°29

English version here

et le texte de l’article plus bas

Et quel honneur! 3 pages de photos et de texte par Christian Tétard dans ce magazine, annonçant également une exposition exceptionnelle pour le 10ème anniversaire de la publication.

30 artistes de la région, peintres, sculpteurs, photographes et artisans d’art seront présent à Triel sur Seine les 15 et 16 juin 2019.

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Laurent Grumbach dans Art, Artistes et Patrimoine n29 p10
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Laurent Grumbach dans Art, Artistes et Patrimoine n29 p11
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Laurent Grumbach dans Art, Artistes et Patrimoine n29 p12

Photographe à l’honneur… Laurent Grumbach

Après le baccalauréat, la voie de Laurent Grumbach se trace naturellement : un DUT génie électrique puis une école d’électronique et informatique à Nantes avec un diplôme en 1990. Son premier métier : une société d’équipement audio pour les chaînes de télévision. Il n’aime pas la routine et les travaux répétitifs, et préfère apprendre diverses professions au sein de la même société. Il est curieux et on retrouve cette curiosité dans la photographie. Son premier appareil photo est un Rolleiflex SL35E que son père lui donne à 17 ans.

C’est alors le début d’une passion qui va grandir au fil des années. Une des premières photos avec cet appareil est une antenne de télévision dans un magnifique ciel bleu avec la lune. Cette photo très critiquée s’ancrera dans les souvenirs en tant que photo différente. C’est ce qu’il recherche : la différence dans la photographie.

Autodidacte, il fera de la photographie de voyage, ayant l’occasion de visiter de nombreux pays grâce à son métier. De la photographie de paysages, mais aussi de ville, d’ambiance, mais très peu de portraits. Il n’est pas prêt.

Il se passionne ensuite pour la photographie de mouvement. Il existe un certain nombre de techniques photographiques pour évoquer le mouvement sur une image. Il choisit de développer une nouvelle technique, à base de la technologie actuelle : un mélange de flou, de stroboscopique, de lumière modulée. Ce procédé, il ne nomme et enregistre la marque ainsi que le procédé : Motion Sculpture®.

Ce type d’image s’adapte à tous les mouvements. Il commence par les sports et la danse. Ces deux activités sont les domaines où la photographie de mouvement prend tout son sens. Puis il teste d’autres mouvements, du jeté de dés à la course d’escargots (?) des photographies originales comme il les apprécie. La photo de l’escargot a été faite à l’occasion d’un concours photo sur la vitesse.

Le mot photographie prend alors tout son sens : dessiner avec la lumière. C’est le principe de base de Motion Sculpture. Pas de trucage, mais une image en pose longue, un dessin avec le sujet en mouvement qui devient la source de lumière. Il se définit comme dessinateur de l’invisible.

Laurent Grumbach est contacté par le musée du Louvre pour une image dans le MOOC (formation en ligne ouverte à tous) sur le mouvement, pour illustrer les nouvelles méthodes photographiques représentant le mouvement. Et les éditions Hachette mettent une des photos Motion Sculpture dans un manuel scolaire de physique. En 2018 il fait une exposition en Allemagne près de Frankfort. L’accueil est très enthousiaste. Cette même année il fait partie de l’exposition « Festiphoto » sur les bords du lac d’Annecy pendant 4 mois. Il publie également des images dans un magazine photo new-yorkais. Il est aussi contacté par Bordas pour une autre image Motion Sculpture dans un livre scolaire.

En 2015, il entend à la radio que les Etats-Unis et Cuba vont se rapprocher. Il décide donc immédiatement d’aller capter l’essence de ce pays avant le rapprochement. C’est un tournant photographique pour lui. Les photos deviennent plus humaines, moins de paysages, plus d’ambiance et de portraits. En 2018, c’est le nord Vietnam. Avant le départ, c’est de la recherche pour « les routes photographiques », les rizières, les paysages. La baie d’Halong est son rêve depuis longtemps. Ça, c’était avant le voyage. Arrivé à Hanoï, le voyage commence à prendre une autre forme. La rencontre avec cette population, leurs habitudes, leurs mœurs a modifié le but photographique de ce voyage. Il rencontre des gens formidables, souriants malgré leur condition de vie. Il publiera sur les réseaux sociaux une rubrique « un jour, un sourire » pour faire partager cette bonne humeur. Capter le regard devient la plus belle chose que la photographie puisse faire.

« L’appareil photo est mon adrénaline » affirme-t-il.

« Il élude la fatigue et booste la motivation ».

Laurent Grumbach est un photographe comme je les aime et comme un photographe doit être. Je ne dis pas cela parce qu’il est créatif et sensible, mais parce qu’il est « vrai » et « honnête » au sens du témoignage qu’est la vertu essentielle du photographe. Au vu de ses images en mouvement on peut croire que je délire, mais justement non. Au contraire, son niveau technologique élevé lui permet de nous montrer ce que l’on ne voit pas. Il montre la vérité sans trucage en analysant le mouvement avec la lumière.

Et puis la vérité c’est aussi dans le portrait qu’elle est visible. L’humain possède une richesse qui ne peut laisser un photographe insensible. Laurent Grumbach possède ce regard, celui des grands.

« J’ai des projets plein les yeux », dit-il. Nous allons être attentifs pour suivre son chemin.

Christian Tétard


17Juin

Motion Sculpture – Le concept

English version

Motion Sculpture, en quelques mots

Motion Sculpture® est un procédé de prise de vue qui fait appel aux bases des techniques photographiques.

Il est particulièrement adapté aux mouvements en apportant un graphisme dynamique, une esthétique à un sujet en déplacement. Motion Sculpture est une seule prise de vue, sans trucage ni montage. De la lumière et un capteur photosensible en pose longue.

Si vous venez du MOOC « L’instant figé », n’hésitez pas à aller voir la galerie générale de Motion Sculpture ici et les galeries plus détaillées ici. Il y a également une page Facebook sur Motion Sculpture. Pour la partie histoire de la chronophotographie avec Marey et Muybridge, c’est sur cette page.

La vie, l’invisible, la grâce tout entière dans le mouvement fugace et harmonieux qui anime un corps qui danse… Peintres et sculpteurs ont dû puiser dans toutes les ressources de leur art pour capter cette beauté qui sans cesse passe et se dérobe.

À la poésie du mouvement de la danse, le sport répond par la recherche du geste parfait, fruit de l’effort et d’une maîtrise totale. 

Fresque photo de mouvement de danse - Dance motion photo fresco - Motion Sculpture
Mouvement de danse en Motion Sculpture

Afin de bien comprendre les étapes qui amènent à Motion Sculpture, je vous propose le cheminement suivant:

La photo nette


Lorsqu’on se forme à la photographie, il y a un certain nombre de règles à suivre en fonction des paramètres : la vitesse relative de l’objet, la focale, l’ouverture de l’objectif, la sensibilité du capteur, la distance entre le sujet et l’appareil, etc. On apprend à faire des photos nettes, fixes, figées. Une photo floue sera rarement considérée comme réussie. Nous sommes abreuvés tous les jours d’images ultra nettes, sans défauts, travaillées, améliorées, édulcorées.

La bonne photo aujourd’hui consiste à figer l’instant, figer le mouvement. Un coureur à pied, un escrimeur, un saut en skateboard, un danseur, etc. C’est ce qu’on apprend et surtout ce à quoi nous sommes habitués, formatés. Du piqué, de la netteté.

Nos appareils modernes ont un mode « Sport » qui privilégie la vitesse d’obturation aux dépens de la sensibilité du capteur ou de l’ouverture du diaphragme pour figer la scène. Ceci est extrêmement révélateur. Le mode « Sport » va donc supprimer le mouvement pour réaliser une image figée. Ne peut-on pas voir un contre-sens lorsque présenté ainsi ?

Les conseils des pros pour une photo nette sont de fixer l’ouverture (donc la profondeur de champ) ainsi que la vitesse de l’appareil et de laisser l’engin décider le la sensibilité du capteur. Nos capteur numériques modernes acceptent de plus en plus de passer dans des zones hautes en ISO (sensibilité) sans générer trop de bruit numérique (grain) sur le cliché.

N’est-il pas réducteur de se limiter à un instant bref d’une chorégraphie de danse ou d’une performance d’athlète ? Est-ce réellement montrer la performance et le travail d’un sportif sur une progression en ne capturant qu’un millième de seconde ce mouvement ou moins ? L’acrobate en BMX qui fait un flip doit-il se limiter en photo à une image fixe la tête à l’envers ? Avec ce type de photo, j’ai le sentiment qu’il manque une dimension importante à cette image : le temps.

La connaissance d’un mouvement implique la double notion de l’espace et du temps.

jump BMX
Jump trotinette
XTrem Jump

Le temps : tous nos sens ont besoin de cette dimension supplémentaire, sans laquelle ils ne s’expriment pas. Prenez nos cinq sens. Ont-ils un sens sans évolution dans le temps ?  L’odeur d’un plat serait-elle suffisante sur une durée d’un millième de seconde ? frustrant non? Une symphonie serait-elle correctement représentée par une seule note, même au moment le plus fort ?

Notre œil a été habitué à cette réduction. Une danseuse suspendue dans les airs semble suffisamment représentative car nous ne jugeons pas le mouvement mais la position, la performance, la composition, la lumière, etc.

Au dernier salon de la photo à Paris, on continue la course à la rapidité des flashs. On atteint maintenant des temps de moins de 1/10000 de seconde à des prix « abordables ». De quoi rendre net des mouvements très rapides.

Autre exemple dans cette spécialisation : le High Speed : l’image de la goutte qui rebondit dans l’eau. Tout un domaine de photographie où l’on cherche à figer des instants invisibles. C’est un exercice peut-être différent, on cherche à figer un instant dans sa chute. Ce qui est important dans cette image est le graphisme de la goutte et de la surface, les couleurs, les reflets.

Goutte d'eau - water drop

Il n’y a pas de mouvement particulier sur la photo de la goutte qui tombe. Pas de chorégraphie, pas de progression particulière, flip, axel ou autre. Elle chute et rebondit.  La créativité ici est celle de la prise de vue et du rendu.

Une moto dans un virage, photographiée de face. Elle doit être nette. Elle est penchée puisqu’elle tourne. Première impression : elle va tomber. Puis notre cerveau nous rassure en nous rappelant qu’une moto dans un virage, en pleine vitesse, c’est comme ça. Ça penche et ça ne tombe pas. La même moto prise de profil à haute vitesse, avec les rayons de roues qui deviennent figés, ça gène également. Elle va aussi tomber.

Même chose pour un avion à hélices. Si les hélices sont figées sur le cliché, combien de temps va-t-il voler ?

Avion Meeting Cormeilles
Avion 1/2000s

La décomposition du mouvement


Le mouvement peut être mis en évidence de plusieurs manières. Une méthode est la décomposition du mouvement.

Sur les traces d’Etienne-Jules Marey, pionnier dans le domaine de la chronophotographie et du cinéma, Motion Sculpture est une amélioration avec des technologies modernes d’un concept qui date de … 1882.

Etienne Jules Marey - Saut à la perche
Etienne Jules Marey – Saut à la perche – 1890

Marey met au point le fusil photographique qui lui permet de photographier « sur nature » un sujet en mouvement sur douze poses. Cette « caméra » avait l’avantage d’être légère et mobile. Il invente la chronophotographie sur plaque fixe (au gélatinobromure) : à l’aide d’un seul objectif et avec des sujets clairs sur fond noir, une plaque photographique est exposée plusieurs fois par un obturateur rotatif.

Pour en savoir plus sur la chronophotographie, les pionniers et les techniques, voir ici le dossier. 

L’utilisation du flou

Comment représenter le mouvement sur une photographie ? Comment alors faire ressortir l’intégralité et l’essence d’un saut en roller ? comment représenter l’évolution d’une chorégraphie sur une image fixe ?

Il y a de fabuleux photographes qui savent figer avec grand Art cet instant en suggérant cette notion de mouvement. Jouer avec les positions, les vêtements, les textures. Mais cela reste du mouvement figé.

L’effet filé

Une des méthodes pour représenter le mouvement en photographie est de garder le sujet net mais en rendant flou les autres plans : l’effet filé. Le mouvement est représenté. La contrainte principale est la capture d’une progression sur une distance courte et un mouvement rectiligne puisque l’appareil (le photographe) doit suivre le sujet pour qu’il apparaisse net.

Pour revenir à nos appareils photos lorsque nous sommes en mode « Sport », il devient de plus en plus difficile de faire une photo floue pour faire ressortir le mouvement. Il faut souvent passer en mode priorité vitesse ou en mode manuel pour « forcer » l’appareil à déclencher à petite vitesse, une vitesse qui sera suffisamment basse pour révéler le mouvement.

La photo ci-dessous est prise en mode manuel, à 1/40ème de seconde en essayant de suivre la tête du sportif. La tête devient la référence de la photo, montrant le reste en mouvement : le corps, la trottinette et la vitesse relative de cet ensemble par rapport au fond. En mode « Sport », cette photo aurait été parfaitement nette, effaçant  cette notion de mouvement.

Effet filé trottinette
Effet de filé à 1/40s. Mode manuel

Pour conserver cette notion de vitesse, il est donc nécessaire de doser cette vitesse de capture. Suffisamment rapide pour figer le sujet principal, mais pas trop, laissant ainsi les parties mobiles floues.

La pose longue

La photographie a aussi utilisé pendant des années la pose longue. Les films (pellicules) n’étaient pas aussi sensibles que nos capteurs aujourd’hui. Il fallait alors des temps d’exposition très longs. Pourquoi sur les cartes postales d’antan il n’y a jamais de personnages ? Le fait de prendre l’image en pose longue ne faisait pas apparaître les sujets furtifs, avec mouvement. Ils ne restaient pas suffisamment longtemps pour que leur image (lumière) soit captée par l’élément photosensible. Ils étaient pourtant là.

Ce procédé ne représentait pas le mouvement. En fait au contraire il le supprimait pour faire apparaître la décomposition.

Le flou de mouvement

La méthode la plus utilisée est le flou de bougé. Il est souvent assimilé à une photo ratée. Reste au lecteur d’interpréter et d’imaginer le mouvement qui est présent sur le cliché. On en a tous dans nos archives. On en a tous jeté, effacé. Il faut pourtant avoir un second regard sur ces photos qui dévoilent le mouvement.

Mais attention, il y a plusieurs formes de flou :

– Le flou de mise au point. La photo est globalement floue ou la zone nette n’est pas sur le sujet principal. Avec nos appareils modernes, cela est très souvent dû à une mise au point de l’autofocus qui est faite sur une zone à côté du sujet, typiquement sur le fond. Cette photo là est en effet ratée, sauf à découvrir un détail qui avait échappé à l’œil dans le fond, lors de la prise de vue.

– Le flou de bougé. C’est bel et bien un flou de mouvement. Mais le mouvement du photographe qui fait bouger l’appareil. C’est encore une photo ratée, sauf effet particulier :

Fleurs floues
Bougé volontaire de l’appareil photo pour flou de mouvement

– Pour que flou fasse apparaître le mouvement du sujet, il faut une pose relativement longue par rapport au mouvement du sujet et un fond net, qui servira de référence à notre œil pour souligner le déplacement. Une absence de fond ou un fond uniforme (noir) fonctionne également. C’est celui que nous allons détailler dans le paragraphe suivant.

Révéler le mouvement par le flou

Comment montrer l’intégralité du mouvement ? Comment représenter le mouvement global et pas seulement le danseur dans une position en suspension ?

Le moyen le plus simple est d’imprimer la progression en pose longue, par rapport au mouvement du sujet. Le mouvement va apparaître dans son intégralité. Il sera uniquement flou et difficile à évaluer.

Danse floue
Effet de flou par vitesse basse de l’obturateur

Plus le mouvement sera long dans le temps ou dans l’espace, plus la technique devra être maîtrisée. En Motion Sculpture, les sujets traités évoluent de quelques centimètres à quelques mètres. Dans le cas des déplacements longs, il y a des méthodes à définir et ajuster qui ne sont pas dans les pratiques photographiques habituelles.

Tout comme un portrait en image fixe, le travail consiste à positionner et façonner les sources lumineuses pour exposer correctement le sujet pendant toute sa progression.

La photographie de portrait est figée. On y applique les (6) éclairages standards, Rembrandt, Butterfly, split, etc, en considérant que le sujet est immobile. Il y a des recettes sur les positions des flashs, le type de diffuseurs, l’intensité de ces éclairages dans l’espace.

Dans le cas Motion Sculpture®, on veut capturer le mouvement. L’éclairage doit alors être optimal sur une progression de  plusieurs mètres.

Similaire à de la vidéo ? Pas tout à fait. Un plateau de tournage, c’est une somme d’éclairages pour chaque position. Ces positions sont repérées et chaque intervenant doit se positionner correctement. On y fait des croix au sol pour placer le sujet de manière optimale.

Une vidéo de sport alors ? Presque. Mais il ne suffit pas dans Motion Sculpture d’inonder le sujet avec trop de lumière omnidirectionnelle.

Le flou Motion Sculpture doit permettre de révéler la troisième dimension spatiale dans le mouvement pour le sublimer. Faire apparaître le sujet et le mouvement avec une profondeur, c’est organiser l’éclairage pour qu’il puisse se réfléchir idéalement sur le sujet en mouvement. La sculpture du mouvement.

Une fois le flou de mouvement maîtrisé, il serait bien d’avoir une idée du mouvement en trois dimensions. Certains disent que la photographie c’est mettre en 2 dimensions une image en 3 dimensions. Je trouve cette présentation un peu simple car tout le travail réside dans le fait de suggérer cette troisième dimension sur une image. La première solution est l’utilisation de zones claires et sombres. Ce qui est clair sur une image semble plus près de l’objectif.

Une lumière rasante va augmenter le relief de ce qui est capturé tandis qu’une lumière de face va « écraser » le sujet. Un flash intégré sur l’appareil photo va rendre plat le sujet s’il est la source lumineuse principale. Pour la même raison, une lumière rasante pour un portrait marquera les imperfections et augmentera les reliefs. Largement utilisé dans les portraits des hommes pour marquer le travail du temps (sagesse ?) mais rarement utilisé dans les portraits féminins où on préfère une lumière plus omnidirectionnelle ou de face.


 

Révéler la vitesse par une vibration

Nous avons maintenant le flou et les trois dimensions spatiales. La notion d’un mouvement implique la double notion de l’espace et du temps. Le flou donne un aperçu du temps. Serait-il possible d’ajouter à la photographie une autre notion plus précise du temps sans en dénaturer l’image originale ?

Il manque une notion de vitesse relative au mouvement. Cette notion de vitesse relative était visible et compréhensible avec l’image stroboscopique.

Motion Sculpture ajoute une composante principale dans le flou : une modulation du flou. Cette modulation, plus ou moins douce, plus ou moins rapide donne une repère visuel subjectif dans la vitesse du mouvement de l’ensemble et des parties. Le mouvement rapide du bras, d’une jambe, les composantes de la chorégraphie et de la progression.

Nul besoin d’explication pour comprendre l’image. Tout est subjectif et clair. C’est du domaine de l’émotion et du ressenti.

Motion Sculpture - Danse
Flou modulé Motion Sculpture


 

Motion Sculpture: Sculpter l’invisible – Mystère et émotion

La rémanence de l’œil ne permet pas de voir un mouvement dans sa globalité. Notre cerveau fait le travail.

Motion Sculpture représente le mouvement dans son intégralité. Il est la mémoire de la lumière et du mouvement. Il dessine le mouvement avec cette notion de vitesse relative dans ses 3 dimensions.

C’est le cas de certains sports comme le golf. Comment en une seule image représenter le mouvement du sportif, du club et de la balle ?

Ajouter un repère visuel

Le flou Motion Sculpture peut être un tableau en lui-même. Mais nous avons souvent ce besoin de comprendre. Le mouvement, l’action, de qui ? de quoi ?

Un repère visuel doit alors être ajouté pour déchiffrer, clarifier, simplifier l’image finale. La danseuse en position de départ, pendant un saut sera figée par un éclair de flash.

Faites la comparaison entre la danseuse figée dans son saut sur une image « traditionnelle » et la même image accompagnée de l’effet Motion Sculpture. Ce sont 2 images totalement différentes. La première représente le sujet en équilibre dans les airs. On ne sait pas si elle monte, si elle descend ou si elle reste accrochée dans les airs. On n’a pas de notion de ce qui s’est passé dans les secondes avant cette suspension. Est-ce un mouvement ? une action ? Notre esprit « sait » que oui. Personne ne peut rester figé dans les airs. Notre logique apporte le complément d’information qui manque à cette image.

Fresque photo de mouvement de danse - Dance motion photo fresco - Motion Sculpture
Photo Motion Sculpture® avec 3 instants flashés

L’image Motion Sculpture apporte toutes les réponses en révélant le mouvement, la progression du sujet avant et pendant l’action ainsi que la vitesse.

Motion Sculpture - Danse et pointes
Motion Sculpture® – Danse et pointe
Motion Sculpture - Saut
Saut en Motion Sculpture®. Mouvement vertical
Fresque photo de mouvement de danse - Dance motion photo fresco - Motion Sculpture
Motion Sculpture® et Danse
Motion Sculpture - Escargots
Motion Sculpture® en vitesse ultra lente
Motion Sculpture - Crayon au bout d'un fil
Premiers essais Motion Sculpture® – Un crayon au bout d’un fil
Jeu de dés - Motion Sculpture
Motion Sculpture® – Jeu de dés


 


Motion Sculpture® is a combination of a shooting process and picture rendering. Motion Sculpture does not require post-processing for the final image. It’s all done in a single shoot.

It fits sport motion particularly well and brings to the picture a dynamism, an artistic sense to the traditional motion photography.

Etienne-Jules Marey
Etienne-Jules Marey

In the footsteps of Etienne-Jules Marey, pioneer in cinema and still pictures, Motion Sculpture is an improvement with up to date technologies of a process dating back to 1882.

Marey designed the photographic gun that enabled him to shoot the motion of a subject through 12 poses on a single picture. This camera had the advantage of being light and mobile. More on Etienne-Jules Marey

Saut à la perche - 1890
Etienne-Jules Marey – Saut à la perche – 1890
Fusil Chronophotographique
Etienne-Jules Marey – Chronophotographic gun

 

A four dimensional picture

A traditional picture has 2 dimensions. We can add the notion of depth using different techniques such as

  • Lighting, improving and enhancing the subject relief
  • Type of light, soft, hard to play with the depth
  • Playing with hard lights and shadows,
  • Using the depth of field
  • etc.

Motion Sculpture adds a key part to this notion by using the synchronicity of the light modulation and the strobes.

The fourth dimension is time. The light modulation speed being constant, the picture gives intuitive information about the motion speed, and for this reason it is adapted for sports.

The following picture using Motion Sculpture lighting is a single photo of a pencil hanging on a string. Looks like a dancer, right ? Single picture. Light is what matters with Motion Sculpture.

A pencil hanging on a red string. Single picture in B mode. No post processing!

An Evolution compared to the stroboscopic picture.

Stroboscopic pictures have existed for ages and are used in motion decomposition. They are a very technical rendering. The addition of constant lighting brings a blur component, smoothing the picture, but not giving information on the speed between each strobe.

 
The following picture is a Motion Sculpture shot. Wavy blur for the motion traces and strobes to freeze action. A single picture. Mode B.

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